PanierMon compte
   
jeudi
20
OCTOBRE
2016
12:30

Adresse

Petit Palais
Auditorium
Avenue Winston Churchill
75008 Paris

Absence

Sydney Fierro | Baryton
Chloé Ducray | Harpe

Présentation

Pendant l’année 1840, Schumann compose les Dichterliebe sur des poèmes d’Heinrich Heine extraits du Lyrisches Intermezzo. Il s’agit de seize instantanés, qui vont plonger l’auditeur dans le tumulte sentimental d’un poète amoureux… À l’origine de ce cycle préexistent les sensibilités assez proches de Heine et Schumann, dans leur rapport extrêmement changeant et imprévisible à la vie, et leur manque de modération. Cependant, Schumann vit son extraordinaire amour avec Clara, et jouit avec elle d’un confort et d’une grande reconnaissance de la société de leur époque, ce qui est moins le cas de Heine, homme en exil, et victime d’antisémitisme. Cela explique peut-être pourquoi le manque de confiance est central dans cette œuvre. Il s’y développe constamment l’idée d’être trompé, dupé…, la notion du sacré recèle en elle-même la perte. Il est d’ailleurs remarquable que Schumann, l’année de son mariage, se soit tourné vers un poète de la fragilité humaine, de la « faille » comme notion emblématique du romantisme.

La deuxième partie du concert reprend en miroir ces instantanés musicaux racontant un amour naissant qui finalement sombre dans le renoncement : Adelaïde nous fait entrevoir un moment printanier et champêtre, mais déjà empreint de nostalgie, comme un écho à Im wunderschönen Monat Mai. Schäfers Klagelied est une ode à une bien-aimée absente, l’attente se résolvant par la mort salvatrice (Abendempfindung). Enfin, Der Tod und das Mädchen fait écho au postlude des Dichterliebe, comme un cri de déchirement précédant le renoncement.

Programme

  • Robert Schumann (1810 – 1856)
    Dichterliebe (Les Amours du poète), op. 48 sur des poèmes d’Heinrich Heine (transcription) | 1840
    Im wunderschönen Monat Mai (Au merveilleux mois de mai)
    Aus meinen Tränen sprießen (De mes larmes éclosent)
    Die Rose, die Lilie, die Taube, die Sonne (La Rose, le Lis, La Colombe, Le Soleil)
    Wenn ich in deine Augen seh’ (Lorsque je vois dans tes yeux)
    Ich will meine Seele tauchen (Je veux plonger mon âme)
    Im Rhein, im heiligen Strome (Dans le Rhin, dans le fleuve sacré)
    Ich grolle nicht (Je ne gronde pas)
    Und wüssten's die Blumen, die kleinen (Et si les fleurs, les petites, le savaient)
    Das ist ein Flöten und Geigen (C’est un son de flûtes et de violons)
    Hör’ ich das Liedchen klingen (Si j’entends la petite chanson)
    Ein Jüngling liebt ein Mädchen (Un jeune home aime une jeune fille)
    Am leuchtenden Sommermorgen (Par un lumineux matin d’été)
    Ich hab’ im Traum geweinet (J’ai pleuré en songe)
    Allnächtlich im Traume seh’ ich dich (Chaque nuit en rêve je te vois)
    Aus alten Märchen (Des vieilles légendes)
    Die alten, bösen Lieder (Les vieilles, méchantes chansons)
  • Ludwig van Beethoven (1770 – 1827)
    Adelaïde, op. 46 sur un poème de Friedrich von Matthisson | 1795 – 1796
  • Robert Schumann (1810 – 1856)
    Waldszenen (Scènes des bois) pour piano, op. 82 (extrait, transcription) | 1849
    Vogel als Prophet (L’Oiseau-prophète)
  • Franz Schubert (1797 – 1828)
    Schäfers Klagelied (Complainte du berger), D. 121 sur un poème de Johann Wolfgang von Goethe | 1814
  • Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791)
    Abendempfindung (Impression crépusculaire), K. 523 sur un poème anonyme | 1787
  • Franz Liszt (1811 – 1886)
    3 Études de concert pour piano, S.144 (extrait, transcription) | 1845 – 1849
    Un sospiro
  • Franz Schubert (1797 – 1828)
    Der Tod und das Mädchen (La Jeune Fille et la Mort), D. 531 sur un poème de Matthias Claudius | 1817