PanierMon compte
   
Mercredi
31
JANVIER
2018
12:30

Adresse

Hôtel de Soubise
Archives nationales
60 rue des Francs Bourgeois
75003 Paris

Scarlatti, moderniste avant son temps

Lillian Gordis | Clavecin

Présentation

« La musique de Scarlatti parle toute seule, avec son imaginaire si personnel…

Domenico Scarlatti, fils du grand compositeur italien Alessandro, est né à Naples en 1685, la même année que Bach et Haendel : une année fabuleuse pour le clavecin ! Trop longtemps dans l’ombre de son père, le jeune Domenico est connu surtout pour sa prodigieuse technique d'improvisation au clavier, mais ne produit rien d’extraordinaire dans ses œuvres écrites. Il décroche un poste prestigieux à Rome où il écrit surtout de la musique vocale, mais apparemment rien pour le clavier. C’est uniquement à la cour de Lisbonne, où il devient professeur de la jeune princesse Maria Barbara, que son génie artistique explose de façon inattendue.

Les 555 sonates pour clavier, qu’il compose à partir de ses quarante ans et jusqu’à sa mort, sont si distinctes stylistiquement qu’elles se prêtent idéalement à l’enjeu de sortir le clavecin du XVIIIe siècle et le rendre actuel. Ce répertoire a la qualité de casser les codes de la musique baroque plus typique et de toucher un public jeune et parfois moins sensibilisé à la musique classique. Des éléments de la musique traditionnelle espagnole et andalouse et la danse paysanne sont plus qu’apparents dans le corpus de son œuvre.

Scarlatti, qui suit la princesse à Madrid lorsqu’elle épouse le futur roi Ferdinand VI, s’isole à la cour espagnole et n’imprime qu’un seul volume de ses sonates avec une trentaine de pièces. Le reste de ses sonates sont composées là, dans son monde intérieur.

Il nous communique un univers à la fois autonome et poreux, façonné en miniatures imaginées. Simultanément décomposées et rigidement structurées, sans limites harmoniques ou rythmiques, les sonates de Scarlatti contiennent un certain type de multiplicité, dans laquelle des cellules thématiques se diversifient et se replient, les unes sur les autres. Cet exercice de répétition bête frôle la démence et sa qualité obsessionnelle est à la fois vertigineuse et stupide. Moderniste, peut-être fou, plein d’humour et de souffrance, le style de ce compositeur si original touche à l’ensemble des expériences humaines et évoque une intensité physique et émotionnelle sidérante. J’aime la musique de Domenico. » Lillian Gordis

Programme

  • Domenico Scarlatti (1685 – 1757)
    Sonate K. 208 en la majeur (Adagio e cantabile)
    Sonate K. 25 en fa dièse mineur (Allegro)
    Sonate K. 87 en si mineur
    Sonate K. 227 en si mineur (Allegro)
  • Domenico Scarlatti (1685 – 1757)
    Sonate K. 213 en ré mineur (Andante)
    Sonate K. 205 en fa majeur (Vivo)
    Sonate K. 474 en mi bémol majeur (Andante e cantabile)
    Sonate K. 249 en si bémol majeur (Allegro)
  • Domenico Scarlatti (1685 – 1757)
    Sonate K. 263 en mi mineur (Andante)
    Sonate K. 264 en mi majeur (Vivo)
    Sonate K. 402 en mi mineur (Andante)
    Sonate K. 262 en si majeur (Vivo)
  • Domenico Scarlatti (1685 – 1757)
    Sonate K. 253 en mi bémol majeur (Allegro)
    Sonate K. 158 en do mineur (Andante)
    Sonate K. 211 en la majeur (Andantino)
    Sonate K. 175 en la mineur (Allegro)